Aux jeunes : Belges la victoire, aux Français le seum : le résumé point par point du 79e MX des Nations à Ernée

Malgré Febvre, l’équipe de France très loin du compte
Hier, tout était bleu, mais pas aujourd’hui… En une phrase métaphorique, face aux supporters peu rancuniers massés devant le motor-home français dans le paddock, le Vendéen Mathis Valin a résumé le week-end tel qu’il a été vécu par la majorité des plus de 30 000 personnes venues ce dimanche en Mayenne pour ce 79e MXDN. Je suis vraiment désolé, a enchaîné Tom Vialle qui, malgré sa troisième place la veille en course qualificative Open, n’a jamais trouvé ses sensations sur sa Honda et s’est montré incapable de terminer une seule manche. Je suis déçu du week-end, je m’attendais à beaucoup mieux.
Les infatigables fans des Bleus aussi, le samedi ayant permis aux pilotes de Gautier Paulin de se mettre sur orbite, avec l’obtention du premier choix sur la grille de départ. Prépondérants sur une piste où les dépassements étaient très compliqués à opérer, ces départs ont d’ailleurs été parfaitement négociés par le trio tricolore, systématiquement dans le top 8 au bout de la ligne. Oui, mais… En manche 1, Mathis Valin fait atterrir sa Kawasaki sur une botte de paille dans la grande descente face à la tribune, culbute par l’avant et, tête entre les mains quand il reprend ses esprits, sait qu’il vient de griller le joker de l’équipe en ne repartant pas. Lors de la deuxième, c’est cette fois Tom Vialle qui, en tête, ruine définitivement tout espoir de podium en s’écrasant à l’atterrissage d’une table, lui aussi dans le premier tour.
Seule éclaircie au tableau, la dernière danse formidable (1-3) du vétéran Romain Febvre (34 ans) dans le cadre de Nations à domicile. Vainqueur de la première course dominicale en profitant d’une erreur de Jorge Prado, il se permet le luxe de la terminer au ralenti, poing levé, devant des supporters extatiques. Mais même lui, lors de son ultime sortie sur la Kawasaki, a fini par chuter en troisième manche, alors qu’il se battait avec les tout meilleurs pour son honneur personnel. Ce n’est pas ce qu’on espérait, mais on a tous fait des erreurs, a-t-il déclaré en bon capitaine. C’est comme ça, mais merci à vous tous, c’est génial de rouler devant un public comme ça.
Cinq résultats comptabilisés, tous dans le top 7, et une douzième place comme moins bon classement. Les Belges ont réussi ce dont on ne pensait pas forcément les jeunes frères Coenen (19 ans) capables au regard de leurs récentes mésaventures : limiter au maximum les erreurs et tenir deux fois 30 minutes et deux tours. C’est incroyable. Dimanche dernier, je pouvais à peine rouler dix minutes
, conscientise Lucas Coenen, boîtant bas à sa descente de moto à l’arrivée.
J’avais comme objectif de scorer au moins un résultat, mais j’ai voulu tout donner pour cette équipe. Je ne sais pas comment, mais j’ai réussi à finir cette deuxième manche à cette cinquième place.
Parfois quelque peu accroché au “guidon”, dans son style caractéristique, son jumeau Sacha a su surmonter sa chute de la première manche pour finir à une superbe septième place en deuxième, sur sa KTM 250. C’est le meilleur feeling possible
, a complété l’irréprochable Liam Everts (21 ans), le dernier des trois guerriers
célébrés par leur sélectionneur Joël Roelants.
L’Espagne proche d’un grand coup
On ne saura jamais sur quelle marche aurait terminé l’Espagne si son deuxième larron en 450, Ruben Fernandez, avait pu participer à la fête. Mais quoi qu’il en soit, cette équipe montant sur son premier podium de MXDN aura cru jusqu’au bout à la victoire. Ce n’étaient pas les meilleures conditions pour moi, avec cette moto que je découvrais, a reconnu le néophyte Francisco Garcia (18 ans), passé directement du championnat d’Europe 250 à la catégorie Open aux Nations sur une 450. J’ai tout tenté en dernière manche, parce que je savais qu’on pouvait gagner le général. Mais je suis quand même content de ce podium, maintenant il est l’heure de profiter et d’aller faire la fête. Tout sourire à ses côtés, les vainqueurs des deux autres catégories, Guillem Farres et Jorge Prado, ne lui en voulaient visiblement pas. Avec les gars, on a placé l’équipe dans les livres d’histoire, a tenu à rappeler le leader ibère.

Jeffrey Herlings stratosphérique, comme d’habitude
Trois départs, trois victoires. Champion du monde MXGP cette saison, Jeffrey Herlings n’a pas fait de détail à Ernée, et ce malgré une petite glissade de l’avant en début de troisième manche. Je n’étais pas très content de tomber, je savais que ce serait difficile en repartant huitième, mais je me suis reconcentré car je savais que j’étais rapide, et je suis content du travail de l’équipe
, s’est satisfait le pilote KTM.
Derrière une telle locomotive, ses deux coéquipiers Roan van de Moosdijk et l’inusable Glenn Coldenhoff n’ont eu qu’à scorer chacun une neuvième place pour assurer le podium. On ne s’attendait pas à ça
, assure ce dernier, redescendu en MX2 pour rendre service au pays. On voulait juste passer une bonne journée, même si on savait que Jeffrey pouvait faire “son travail habituel” (rires).
Donc à l’arrivée, je suis vraiment content de nous.
D’autres grandes nations du motocross, comme les États-Unis (5es), seulement sauvés par Cooper Webb (6-6), l’Italie (6e) et surtout la France, ne peuvent pas en dire autant.
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