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Carlo Molinari, du motocross à la présidence du FC Metz

Né le 28 février 1933 à Villerupt, en Meurthe-et-Moselle, ville également connue pour être celle d’Olivier Jacque, champion du monde 250, Carlo Molinari était issu d’une famille d’origine italienne. Durant la Seconde Guerre mondiale, il séjourna à Biandronno, village de ses ancêtres situé au bord du lac de Varèse, avant de rejoindre Metz en 1948 pour retrouver son père Hector. Transporteur de profession, ce dernier vouait une véritable passion au football et à la moto.

C’est en Italie, à Biandronno, que Carlo découvrit les plaisirs du pilotage. De retour en France, il se lança dans le motocross en 1950, au guidon d’une Panther 350. Sa progression fut particulièrement rapide. Dès 1952, alors âgé de seulement 19 ans, il décrocha le titre de champion de France 350 National avec une BSA Gold Star. Une performance remarquable, obtenue devant des concurrents chevronnés comme Robert Klym et Jacques Mellioli.

La saison suivante, Carlo Molinari franchit un nouveau cap en s’engageant dans la catégorie 500, considérée comme la catégorie reine. Il disposait alors d’une Gilera Saturno, achetée à Varèse par son père grâce à ses relations amicales avec Costante Bertoni, concessionnaire et préparateur de la marque. Pour sa première saison dans cette catégorie, il termina à la deuxième place du championnat de France, derrière Gilbert Brassine, grande figure du motocross français de l’époque.

En 1954, alors qu’il effectuait son service militaire, Molinari fut officiellement sacré champion de France par la FFM, au terme d’une saison largement dominée. Parmi ses principaux résultats figuraient une victoire au Prix du Président de la République, organisé en juin sur le circuit de Montreuil, ainsi qu’une cinquième place au Grand Prix du Luxembourg, à Ettelbruck, comptant pour le championnat d’Europe.

L’année 1955 lui permit de confirmer sa supériorité nationale. Le championnat de France de motocross se jouait cette fois sur une unique épreuve, organisée à Chemiré-le-Godin, dans la Sarthe. Carlo Molinari y prit le dessus sur Gilbert Brassine et s’adjugea ainsi un deuxième titre consécutif en catégorie 500.

Parallèlement à ses activités sportives, et alors qu’il était toujours sous les drapeaux, il avait fondé en 1955, avec son ami Roger Carpi, la Sodima, une entreprise spécialisée dans la distribution de camions Unic, devenue par la suite Iveco. Le développement de ses activités professionnelles, ajouté aux problèmes de fiabilité rencontrés avec sa Gilera, le conduisit à mettre un terme à sa carrière de pilote dès 1957. Son parcours dans le monde de la moto ne s’arrêta toutefois pas complètement là : au milieu des années 1980, il assura également, pendant une courte période, l’importation de Cagiva en France.

Durant ses années de compétition, Carlo Molinari avait aussi l’habitude de s’entraîner avec les joueurs du FC Metz. Après avoir raccroché le casque, il se rapprocha naturellement du club mosellan et y prit progressivement des responsabilités. Élu président en 1967, il allait occuper cette fonction pendant 37 ans. Sous sa présidence, le FC Metz enrichit notamment son palmarès de deux Coupes de France.

À 93 ans, Carlo Molinari conservait encore le titre de président d’honneur du club. Son attachement au sport motocycliste était également resté intact. Il était ainsi président d’honneur du Moselle Moto Club, une association qu’il soutint activement au fil des années.

Cet engagement se manifesta notamment lors de l’organisation de trois Grands Prix de France de motocross sur le terrain des Buttes de Rozérieulles : l’épreuve 125 en 1977, la catégorie 500 en 1981, puis le Grand Prix 250 en 1989. Un parcours singulier qui aura conduit Carlo Molinari des circuits de motocross aux plus hautes responsabilités du football messin, sans jamais lui faire perdre son attachement à la moto.

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