Bilan du contrôle technique 2RM

Deux ans déjà que le contrôle technique moto est en place. L’heure est au bilan pour cette mesure si décriée… à raison !
Depuis le 15 avril 2024, les motos et scooters de catégorie L3 (plus de 50 cm³) sont soumis au contrôle technique moto en France. Deux ans plus tard, le rapport d’activité de l’UTAC-OTC livre un bilan précis du parc contrôlé avec des chiffres qui posent une nouvelle fois question sur la pertinence de la mesure. Explications.
Contrôle technique moto : les deux tiers des contrôles sont des passages forcés
Sur les 1,2 million de véhicules de catégorie L contrôlés en 2025, près de 800 000, soit les deux tiers du volume total, sont liés à des transactions sur le marché de l’occasion. Des chiffres peu ou prou similaires en 2024, avec plus de 800 000 véhicules d’occasion vendus sur près d’1 million de véhicules contrôlés.
En dehors des obligations liées à la vente, on peut déduire que la majorité des motards snobent le contrôle technique moto : les chiffres de l’UTAC ne traduisent pas une adhésion à la mesure, mais plutôt une contrainte imposée lors des cessions de véhicules pour obtenir une carte grise.
Enfin, précisons que seul 40% du parc est passé au crible en 2025 (contre 26,7 % en 2024), soit 901 234 motos et scooters. Un chiffre qui confirme d’autant plus que le boycott lancé par la FMF porte bel et bien ses fruits !
Contrôle technique moto : un taux de contre-visites toujours très modéré
Sans surprise, les motards restent les « bons élèves » : le taux de contre-visites de la catégorie L3 s’élève à 11,1 % en 2025, soit une hausse de seulement 1,7 point par rapport à 2024. Autrement dit, près de 9 motos sur 10 ressortent du contrôle avec un avis favorable dès la première visite, avec un taux inférieur à la moyenne globale de la catégorie L (13,6 % en 2025), et presque moitié moins que celle des automobiles (19,3%).
Ces résultats contrastent avec le taux de contre-visites des cyclomoteurs L1 (22,4 %) et des voitures sans permis L6 (28,1 %), qui ne représentent pourtant qu’une infime partie des véhicules de catégorie L.
En regardant plus large, 47,8 % des contrôles des motos et scooters L3 en 2025 (et 45,2 % sur la période 2024-2025) présentent au moins une défaillance mineure. Mais nuançons tout de suite : la très grande majorité de ces anomalies sont sans gravité et n’empêchent pas la circulation. Preuve que les motos sont loin d’être les véhicules les plus problématiques !
Les défaillances les plus fréquentes sont mineures
Les éléments les plus en cause sur les motos, avec a minima une défaillance, se divisent principalement dans les catégories suivantes :
Châssis et accessoires : 16,94 % des contrôles
Freinage : 14,91 %
Feux et équipements électriques : 14,31 %
Essieux, roues, pneus et suspension : 13,08 %
Cependant, lorsqu’on regarde les défaillances majeures ou critiques, les pourcentages s’effondrent :
Châssis et accessoires : 1,40 %
Freinage : 2,03 %
Feux et équipements électriques : 2,48 %
Essieux, roues, pneus et suspension : 4,68 %
Les défaillances critiques (danger immédiat, validité du contrôle limitée au jour même) sont extrêmement rares :
Plaquette de frein : 0,05 % (721 cas sur plus de 900 000 contrôles)
Disques de frein : 0,01 %
Pneumatiques : 0,03 %
Les défaillances mineures les plus courantes sont :
Disques ou tambours de frein (6,8%)
Plaquette de frein (6,7%)
Pression anormale des pneus (6,58%)
Carénages (4,98%)
Transmission (4,71%)
Eclairage (4,17%)
Reste que l’arrivée du contrôle du niveau de bruit a généré 3,14 % de défaillances à partir du 1er juillet 2025, suivie des émissions polluantes (3,04 %). Des chiffres négligeables ?
Un parc vieillissant mais bien entretenu
L’âge moyen des motos et scooters contrôlés s’élève à 17,5 ans sur la période 2024-2025, avec une moyenne de 36 437 km au compteur. Des chiffres (relativement) élevés qui s’expliquent en partie par le calendrier d’échelonnement : les véhicules les plus anciens (immatriculés avant le 01/01/2017) ont été convoqués en priorité dès 2024.
Pourtant, les données de l’UTAC-OTC sur le contrôle technique moto sont implacables : au regard du faible taux de contre-visite, les motards entretiennent leurs machines, encore plus sur un parc vieillissant et kilométré. Une attitude logique, quand on sait que la moindre défaillance majeure peut avoir des conséquences bien plus graves à moto qu’en voiture. Et pour cause, l’état technique du véhicule n’est une cause d’accident que dans moins de 0,5% des cas pour les deux-roues motorisés.
En attendant le prochain feuilleton – car tout n’est pas perdu – on vous invite à signer la pétition contre le contrôle technique moto et suivre le guide du boycotteur de la FMF.
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