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Que faire face aux rodéos urbains ?

(Photo by Sebastien SALOM-GOMIS / AFP)

Courses et acrobaties motorisées avec voitures, motos, scooters et quads ont mobilisé les pouvoirs publics. Depuis 2018, ce n’est plus une simple infraction au code de la route mais un délit passible d’un an de prison.

Rien ne semble parvenir à endiguer le phénomène. Ni la multiplication des contrôles policiers, ni les sanctions pénales, ni les accidents, parfois mortels. De jeunes conducteurs de voitures, de motos, de scooters et de quads continuent de prendre les rues de leurs quartiers pour des circuits de motocross. Depuis le début de l’été, les rodéos urbains ont provoqué plusieurs drames et mobilisé les pouvoirs publics.

Mardi 16 août, à Marseille, un jeune homme de 19 ans est mort après avoir perdu le contrôle de sa grosse cylindrée et percuté un poteau, alors qu’il effectuait une roue arrière à grande vitesse. Deux jours plus tôt, à Colmar (Haut-Rhin), un jeune Afghan de 27 ans est mort après avoir été blessé par balle, alors qu’il avait protesté contre les allers-retours d’un homme à scooter. L’auteur est toujours recherché. Une information judiciaire a été ouverte du chef d’assassinat contre X.

Dans la soirée du 5 août, une petite fille de 7 ans et un garçon de 11 ans, qui jouaient à chat sur une esplanade dans le quartier des Hauts-de-Marcouville, à Pontoise (Val-d’Oise), ont été percutés et grièvement blessés par un motard qui a pris la fuite, avant de se présenter le lendemain au commissariat. Agé de 18 ans, il a été mis en examen et écroué pour « blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à trois mois ». Deux mois plus tôt, à Rennes, un jeune homme âgé de 19 ans est décédé après avoir été fauché par un motard de 18 ans alors qu’il effectuait une roue arrière avec un enfant de 6 ans sur le guidon.

« Au moins trois opérations antirodéos par jour »


Aussi appelé « cross bitume », le rodéo urbain « met régulièrement en danger la vie des habitants des quartiers et pourrit leur quotidien », souligne Gilles Leproust, maire communiste d’Allonnes (Sarthe) et président de l’association d’élus Ville et banlieue.

La pratique du rodéo urbain suscite l’inquiétude de certains élus, qui réclament des sanctions sévères face à l’actualité du phénomène. Une pratique souvent dangereuse et qui cause régulièrement des accidents, malgré son interdiction en 2018.

Certains conducteurs de deux-roues effectuent des roues arrière ou des courses dans les centres-villes. Ces rodéos urbains mettent en danger les piétons ainsi que ceux qui les réalisent. Durant l’été, les rodéos se multiplient et les interventions également. « Sur les premiers mois de l’année 2022, on a interpellé 351 auteurs de rodéos et ça a permis la saisie de quasiment 200 véhicules« , indique Arthur Romano, commissaire central adjoint dans le 17ᵉ arrondissement de Paris.

Des peines plus lourdes pour les rodéos commis en réunion

En 2020, 2 864 infractions étaient recensées, contre 3 206 en 2021. Depuis 2018, les rodéos urbains sont considérés comme des délits, passibles d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende. Lorsqu’ils ont lieu en réunion, les peines augmentent à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Les suspensions de permis ou les confiscations du véhicule sont aussi prévues. « Il faut que les peines soient appliquées de façon sévère« , demande Natalia Pouzyreff, députée Renaissance des Yvelines. En 2020, 584 condamnations ont été prononcées, pour des milliers de rodéos urbains.

Le point de vue de la FMF

La Fédération des Motards ne peut que déplorer ces comportements totalement nuisibles à l’image des motards. Nous savons comme nos confrères que l’état est aussi en partie responsable, car elle a laissé faire depuis des années ce type de comportement dans les banlieues des villes. Nous comptons sur notre nouvelle alliée l’association Prévention routière et nos bénévoles formées afin de faire de la pédagogie et tout mettre en œuvre pour enrayer ce phénomène.

La Fédération constate que la législation ne fait rien pour arrêter ces conduites dangereuses. L’image du motard n’est pas dans ces rodéos urbains, mais simplement actionne une image négative de la part de la population.

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Fédération des Motards de France.

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