Le bilan très médiocre de ce contrôle technique 2RM

Obligatoire depuis le 1er mars, le contrôle technique des cyclomoteurs déçoit les professionnels. Et voici la raison.
Lorsque l’on possède une voiture, il est obligatoire de se soumettre à certaines règles. Et parmi elles figure le contrôle technique. Pour mémoire, ce dernier doit être réalisé quatre ans après la première immatriculation. Puis tous les deux ans. Mais ce n’est pas tout. Et pour cause, le gouvernement a désormais rendu obligatoire cet examen pour les deux-roues.
C’est donc le cas pour les motos ainsi que pour les cyclomoteurs. Or, depuis la mise en place de cette mesure, on ne peut pas dire qu’elle fasse l’unanimité. En effet, les conducteurs sont particulièrement mécontents. Et ils ne sont pas les seuls, bien au contraire. On vous explique.
Les centres de contrôle technique mécontents
Et pour cause, c’est aussi le cas des professionnels, qui font grise mine. C’est en effet ce que relate France Info. Mais quelle est la raison ? En fait, celle-ci est très simple. Depuis le 1er mars dernier, le contrôle technique vérifie aussi la vitesse des cyclomoteurs. Et les conducteurs ne sont pas vraiment ravis à cette idée. Ainsi, ce nouveau contrôle « peine à se mettre en place ». Et cela car « peu de cyclomoteurs se présentent en réalité dans les garages ». Ce manque de fréquentation désarme les professionnels, qui ont pourtant investi pour se conformer à la réglementation.
C’est justement ce que déplore ces derniers, comme Yassine Ben Yaala, gérant d’un établissement à Montreuil en Seine-Saint-Denis. Celui-ci a observé une fréquentation très faible pour cette catégorie de véhicules. « Je n’ai que quatre ou cinq motos de 50 cm³ par mois. Pas plus. C’est décevant parce qu’on aimerait bien contrôler ces véhicules là, mais personne ne vient. » Derrière cette frustration, se cache une réalité économique préoccupante pour les professionnels du secteur. Car cette mesure n’est pas anodine, loin de là.
Un véritable manque à gagner
Il faut savoir que la mise en place de ce contrôle de vitesse ne se fait pas sans investissements lourds. En effet, les équipements nécessaires représentent plusieurs milliers d’euros. « 4 000 euros hors taxes, quand même », souligne Yassine Ben Yaala. Une somme conséquente pour des structures souvent indépendantes, qui comptaient sur un afflux de clients pour amortir ces dépenses. Or, on peut dire que c’est réellement très loin d’être le cas.
Ainsi, le décalage entre les obligations réglementaires et la fréquentation réelle fragilise l’équilibre économique de nombreux centres. Et les professionnels ne cachent pas leur amertume face à cette situation répétée.
« Chaque année on nous demande d’investir et à la fin ce n’est pas rentabilisé. » Une critique qui résonne largement dans la profession, déjà confrontée à des marges serrées. Dans ce contexte, certains centres se retrouvent avec des équipements coûteux et peu utilisés. Et ce alors que les rendez-vous pour les scooters se font rares. Le reportage souligne d’ailleurs qu’aucune réservation n’était prévue dans les jours suivants pour ce type de contrôle. Ce qui illustre alors très clairement le désintérêt persistant des usagers concernés. Et ce alors que la contestation ne faiblit pas.
De leur côté, les motards continuent de boycotter le contrôle technique des deux roues. Ce qui a entraîné des difficultés pour de nombreux centres partout sur le territoire.
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